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Peut-on offrir plus de liberté aux métiers de terrain ?

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Certains métiers de terrain sont sur-représentés dans les problèmes de recrutement et de sous-effectif rencontrés par de nombreuses entreprises. Entre 200 000 et 400 000 offres d’emploi n’ont pas été pourvues en 2021 selon Pôle emploi. Pour cause. Une rémunération basse, un sentiment limité de reconnaissance au travail, un manque d’autonomie et un management à la tâche… Comment réagissent aujourd'hui les métiers de terrain face à leurs conditions de travail ? Quelle est la responsabilité des employeurs à ce sujet ? Quelles pistes proposer pour améliorer un tant soit peu le quotidien ? Réflexion et éléments de réponse.

Vers une grande fuite internationale des métiers de terrain ?

Le manque d’intérêt porté aux conditions de travail de ses collaborateurs , au sein des équipes de terrain et fonctions exécutantes, peut coûter cher à une entreprise. Tout particulièrement au sein des équipes de terrain et fonctions exécutantes, celles qu’on qualifie en anglais de “deskless workers”, les employées sans bureau. Selon l’étude internationale de BCG menée en 2022 auprès de 1000 employés de France, Australie, Allemagne, Inde, Japon, Royaume-Uni et Etats-Unis, 37% des travailleurs de terrain pourraient quitter leur emploi dans les 6 mois à venir.

Une donnée qui n’est pas sans rappeler le phénomène de la Grande Démission initié aux Etats-Unis. Depuis le début de l’année 2021, les démissions enregistrées chaque mois de l’autre côté de l’Atlantique ont atteint des sommets avec, par exemple, 4,3 millions de personnes en août ou en novembre 2021. Hôtellerie-restauration, industrie, grande distribution, mais aussi tech ou ingénierie… La plupart des corps de métiers sont concernés.

À en croire Anthony C. Klotz, psychologue et professeur de management à l'University College de Londres, les raisons mélangent des facteurs internes et externes à l’employeur. Cela inclut :

  • une pression importante au quotidien, insuffisamment compensée par la rémunération proposée ou par le niveau de reconnaissance au travail ;
  • un déficit d’intérêt pour les tâches proposées ;
  • un souhait d’évolution professionnelle à plus long terme.

Ces raisons sont corrélées aux résultats du sondage de BCG qui révèle les raisons de départ du panel interrogé :

  • 50% des travailleurs souhaitent davantage de flexibilité et d'équilibre vie professionnelle-vie personnelle ;
  • 41% considèrent un manque d'évolution de carrière dans leur entreprise actuelle ;
  • 30% jugent le niveau de salaire trop bas.

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Faible autonomie, horaires contraints : des problématiques connues

Le manque d’attractivité des métiers de terrain est un problème connu, d’autant plus quand certaines professions sont concernées par les risques sociaux-professionnels. Dans une analyse publiée en septembre 2019, la Darès s’intéresse, par exemple, au cas spécifique du secteur de la propreté. Le document dresse un constat simple :

  • Les métiers du nettoyage, majoritairement peu qualifiés, sont occupés à 44% par des personnes non diplômées. 80% des postes sont occupés par des femmes, et 20% par des immigrés ne détenant pas la nationalité française.
  • Ces métiers de terrain, comme de nombreux autres, se caractérisent par une exposition plus fréquente aux risques physiques. Le travail à fournir est de nature répétitive, et implique d’adopter des postures pénibles tout au long de la journée. Il convient de souligner l’exposition aux mauvaises odeurs, à la saleté ou encore à certains agents chimiques.
  • Les métiers du nettoyage, et plus globalement de l’aide à la personne, se distinguent par des horaires fractionnés et bien souvent à temps partiel subi. Des professionnels, comme les agents de service hospitaliers ou encore les ouvriers non qualifiés de l’assainissement, sont astreints à des horaires de soirée ou de nuit. Les aides ménagères à domicile, quant à elles, doivent cumuler les déplacements pour totaliser quelques heures de travail.

Métier de terrain et pouvoir d’achat : des opportunités perdues
De nombreux professionnels de terrain ne travaillent pas autant qu’ils le souhaiteraient. 50% des aides à domicile en CDI subissent un
temps partiel non choisi ou craignent de perdre leur emploi à défaut d’heures de travail suffisantes. Cela se ressent nécessairement par une rémunération plus basse et un pouvoir d’achat insuffisant.

Des pistes pour redonner des perspectives aux métiers de terrain

Plusieurs solutions existent pour redonner de l’attractivité et améliorer la QVT des personnels de terrain, pour en citer quelques-unes :

  • Proposer quand c'est possible, une mobilité géographique pour garantir un meilleur équilibre vie pro-vie perso
  • Développer les compétences : la formation restant l’un des leviers clés d’engagement et d’épanouissement professionnel - pensez aux soft skills !
  • Et bien entendu, manifester de la reconnaissance au travail, qui se verbalisera si elle ne peut pas être financière.

Prendre le temps d’étudier son taux de rotation et mesurer l’engagement des collaborateurs restent les points de départs essentiels pour mettre en place les meilleures initiatives possibles de rétention. Mais une piste souvent peu explorée reste encore celle du gain en pouvoir d'achat.

Pour compenser des temps partiels subis, ou l'absence de CDI, l’adoption d’un statut freelance est une voie tristement envisagée par certains profils. Les employeurs ont pourtant un rôle majeur à jouer pour sécuriser l’emploi. D’ailleurs, à peine 24% des Français jugent « facile » de créer une entreprise…

Plutôt que la précarité et l’ubérisation, d'autres solutions peuvent amener les collaborateurs à "choisir plutôt que subir" pour gagner en pouvoir d’achat et en expérience. Une piste à explorer ? Proposer aux collaborateurs de se rendre volontaires pour effectuer des remplacements ponctuels selon leurs disponibilités. L’approche est vertueuse car elle assure gain en pouvoir d'achat, en expérience mais aussi assurance pour l’employeur de garantir la continuité opérationnelle face à des absences ou des pics d’activité.

Chaque professionnel peut être sollicité sur la base de ses disponibilités et dans le respect du temps de travail additionnel souhaité. Côté employeur, il n'a jamais été aussi simple de remplacer un personnel ou de pourvoir un poste en urgence ! Vous pourrez capitaliser sur votre propre écosystème d’emploi tout en offrant de nouvelles opportunités à vos collaborateurs de terrain.

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Les 3 points clés à retenir :

  • Les salariés sont moins attachés à leur entreprise. Les métiers dits “deskless”, c’est-à-dire qui ne peuvent pas s’exercer en télétravail, ne sont pas épargnés.
  • Travailler sur les conditions de travail proposées est donc nécessaire pour éviter un taux de rotation préjudiciable en interne.
  • Pour engager davantage les équipes, pensez à proposer du volontariat d'heures additionnelles ou des missions de remplacement ! Une solution cohérente pour optimiser l’emploi et le pouvoir d’achat de l’ensemble de vos collaborateurs.

Comment mieux piloter et réguler l’absentéisme au travail

Les indicateurs de mesure pour le surveiller, et les solutions
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