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L'insécurité professionnelle, facteur aggravant des risques psychosociaux

L'insécurité professionnelle, facteur aggravant des risques psychosociaux

L’impact de la Covid-19 sur la santé ne se limite pas à l’état physique des personnes touchées par la maladie : la santé mentale est, elle aussi menacée par la pandémie, et concerne tout le monde. En entreprise, les risques psychosociaux (RPS) sont particulièrement élevés. Facteur aggravant dans ce domaine, le sentiment d’insécurité se répand dans les équipes : entre la peur de tomber malade, les incertitudes sur la durée de la crise et la crainte du licenciement économique, les nerfs des collaborateurs sont mis à rude épreuve. Comment agir pour circonscrire et limiter ce phénomène ? 


L’insécurité professionnelle, une source de stress et d’anxiété sous-estimée ?

2020, année la plus stressante d’une vie professionnelle ? Selon une étude menée par le cabinet RH Workplace Intelligence et l’éditeur Oracle, c’est bien ainsi que les salariés perçoivent l’année qui va bientôt s’achever. Dans les 11 pays où elle a été conduite, l’étude montre que la pandémie de Covid-19 a généré plus de stress et d’anxiété au travail pour 70% des personnes interrogées, et 71% des Français. Quel est l’impact de cette anxiété sur les RPS, et d’où provient-elle ? 

D’après l’INRS, organisme de référence dans les domaines de la santé au travail et de la prévention des risques professionnels, il existe six catégories de facteurs de risques psychosociaux : 

  • Intensité et temps de travail
  • Exigences émotionnelles
  • Manque d’autonomie
  • Rapports sociaux au travail dégradés
  • Conflits de valeurs
  • Insécurité de la situation de travail

Le dernier facteur de cette liste, l’insécurité de la situation de travail, passe souvent au second plan quand on évoque les RPS dans un contexte « habituel ». Pourtant, son incidence peut être très forte sur l’état psychologique des salariés. 

L’insécurité de la situation de travail est ressentie principalement sous deux formes : 

  • l’insécurité socio-économique : elle est due à la peur de perdre son emploi, au non-maintien du niveau de salaire, à la précarité du contrat de travail 
  • le risque de changement non maîtrisé de la tâche et des conditions de travail : il est lié aux restructurations ou aux incertitudes sur l’avenir de son métier 

Selon la Darès, l’insécurité socio-économique au travail est l’un des principaux facteurs de risque pour la santé mentale. Il est établi que la crainte du chômage, la dégradation des conditions de travail et les contrats de travail instables l’impactent fortement, et accroissent, entre autres, le risque de dépression.


L’insécurité, facteur de risques psychosociaux n°1 en temps de crise sanitaire

La période que nous traversons est particulièrement anxiogène. D’après l’étude précitée, 75% des salariés affirment que la pandémie a eu des effets négatifs sur leur santé mentale. 

Chez les collaborateurs en télétravail, ce sont d’abord le sentiment de solitude, les bouleversements des processus et les changements relationnels qui expliquent ce ressenti. 

La problématique est différente pour les collaborateurs sur site, dont le stress et l’anxiété sont avant tout accrus par : 

  • l’épuisement professionnel dû à l’augmentation de la cadence (collaborateurs absents pour maladie ou quatorzaine)
  • la crainte de contracter la maladie durant ses interactions avec des clients, managers ou autres salariés (cas contacts)
  • la peur d’être placé en activité partielle (perte de revenu) si le site ou centre de profit connaît une baisse d’activité
  • mais aussi de perdre son emploi, en raison des impacts de la crise sur la santé économique du groupe, qui peut décider de mettre en place des plans de licenciement et/ou de fermer des sites 
  • la tension due aux reconfigurations et adaptations constantes (passage au mode « click and collect », changements de processus…)

Le dénominateur commun de tous ces éléments est bien le sentiment d’insécurité professionnelle. Il impacte fortement depuis le début de la pandémie les collaborateurs qui ne peuvent effectuer leur travail autrement qu’en présentiel, et plus particulièrement les cols bleus. Quels sont les moyens de limiter ce ressenti chez les salariés, et ainsi de faire baisser les risques psychosociaux qu’ils encourent ?

Mieux prévenir les RPS liés à l’insécurisation pour les collaborateurs sur site 

Plus la crise se prolonge, plus les risques psychosociaux augmentent. Les entreprises employant des collaborateurs en présentiel doivent absolument déployer des moyens pour mieux prendre en compte le sentiment d’insécurisation affectant leurs équipes. 

  • Information d’ordre sanitaire

Une information claire et un dialogue constant sont les seuls moyens de maîtriser la peur de la contamination. Cela suppose d’organiser avec le service de santé au travail la diffusion des informations et bonnes pratiques, mais aussi de prévoir des points d’information réguliers sur l’évolution du contexte sanitaire et des mesures de protection mises en place. 

  • Information sur la situation économique et l’emploi

Pour réduire l’anxiété générée par ces questions, il est indispensable d’informer régulièrement les salariés sur la situation économique de l’entreprise, les impacts que cela pourrait avoir et à quelle échéance. Sans leur révéler ce qui doit rester confidentiel, il est important de donner un sentiment de transparence. En cas de recours à l’activité partielle, le personnel doit être informé par le service RH sur le fonctionnement du dispositif et les sources d’aide mobilisables. 

Il est aussi possible de mettre en place un soutien psychologique dans l’entreprise, ou à défaut, d’informer les collaborateurs sur les soutiens existants. Le site stpblues.fr, développé par l’INSERM, propose ainsi une liste des numéros d’écoute et d’aide* dédiés. 

  • Adaptation de l’organisation du travail 

L’agilité d’une organisation est son meilleur atout pour faire face à un contexte de crise. Le management est moteur pour encourager les collaborateurs à s’exprimer sur les difficultés rencontrées dans leur travail.

Par ailleurs, la Dares relève qu’octroyer aux salariés un pouvoir d’agir sur les changements organisationnels est un moyen efficace de prévenir le risque dépressif. Dans cet esprit, une solution digitale de staffing permettant aux collaborateurs d’indiquer leur disponibilité va renforcer leur confiance en l’avenir. 

Une mobilité interne optimale via la réallocation des ressources est un atout évident pour l’entreprise, mais aussi pour l’état psychologique des salariés : en effet, en cas de baisse d’activité ou de surcharge de travail dans un centre de profit, la possibilité d’échapper au placement en activité partielle, mais aussi au surmenage, a un caractère fortement rassurant et sécurisant. 

Tant que durera la crise sanitaire, l’insécurité professionnelle sera plus élevée et le sentiment d’insécurisation plus fort les salariés. Mais gardons-nous de penser que l’après Covid-19 signera la fin de ce sentiment d’insécurité générateur de risques psychosociaux. Économistes et experts s’accordent à dire que les incertitudes économiques vont se multiplier dans les années à venir : aux entreprises de s’équiper pour s’y adapter et préserver au maximum leurs équipes.


Alan, la mutuelle santé chez Andjaro, a mis en place un numéro de soutien psychologique pour accompagner les salariés :

  • Disponible depuis l’application Alan - rubrique « Mes médecins »
  • Accessible 7 jours sur 7, 24h/24h
  • Pendant une période de 4 mois à compter du 06 novembre 2020

Tout salarié a également la possibilité de solliciter un rendez-vous avec le médecin du travail (service gratuit) en contactant l'ACMS sur leur site ou au 01 48 87 58 85.

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