Pour favoriser l’économie, les entreprises ont besoin d’un engagement fort et entier de leurs collaborateurs, surtout de ceux qu’elles appellent en renfort. Levier impactant et pourtant peu coûteux, la reconnaissance, ou gratification donnée au bon moment, développe un engagement durable et une vraie motivation au travail. 

Suite au confinement pour limiter la propagation du coronavirus, l’arrêt ou la forte réduction d’activité pèsent sur la trésorerie de nombreuses entreprises. Dans une reprise toujours progressive, les gratifications telles que les primes et autres avantages pécuniaires risquent de se raréfier. Pourtant, le principe de la reconnaissance au travail reste une démarche importante, voire incontournable, et peut-être plus encore pour les collaborateurs recrutés en renfort ponctuel. Jean-Pierre Brun, professeur de management et directeur de la chaire en gestion de la santé et de la sécurité du travail à l’université de Laval au Québec, y voit une forme de respect du collaborateur, qui se sent vu comme une personne importante dans l’entreprise. Nous pouvons parler volontiers d’un trait d’union dans l’entente collective.

  1. La reconnaissance, ou renvoyer une image positive au collaborateur
  2. 8 marques de reconnaissance peu coûteuses
  3. Apporter de la sérénité aux collaborateurs

La reconnaissance, ou renvoyer une image positive au collaborateur

L’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail résume la situation dans les entreprises en ces termes : la reconnaissance intervient de façon indirecte à l’occasion de dysfonctionnements qui surviennent lors de situations particulières. Le confinement en est une, qui est tout à fait exceptionnelle et inédite. La perspective d’un retour en entreprise peut conduire des collaborateurs à opter pour l’absentéisme, notamment parce qu’ils sont démobilisés et désengagés. L’entreprise peut réagir à bon escient afin d’éviter que les absences ne compromettent le rebond de l’activité. Son but doit être aussi d’inscrire cette démarche dans la durée et sa culture d’organisation.

La reconnaissance repose avant tout dans l’affect, le ressenti et l’interactivité entre les personnes, leur hiérarchie, leurs prestataires, et leurs clients. Reconnaître le travail effectué, revient à envoyer une image positive à l’individu et surtout, à l’encourager dans le chemin suivi. Il voit ses compétences saluées et mesure son rôle dans la chaîne de création de valeur au sein de l’entreprise. Ici, nous ne parlons pas de ce qui est lié et attendu de sa fonction dans l’entreprise. Il s’agit bien de pointer positivement ce que sa personne apporte et réalise concrètement : sa créativité, son innovation, son autonomie ou encore sa capacité à s’adapter.

Oublier de valoriser du temps passé sur un projet, des efforts consentis pour atteindre ou non les objectifs, des efforts d’adaptation sur ses horaires face aux capacités de transports… Ces situations accélèrent la démotivation et le désengagement. Ce risque existe avec la reprise qui nécessite de l’agilité, où les urgences s’enchaînent les unes après les autres, et sans répit.

8 marques de reconnaissance peu coûteuses

Plusieurs marqueurs de reconnaissance au travail sont possibles :

  • se saluer quand on arrive et l’on repart de l’entreprise, dans le respect des gestes barrières
  • être consulté avant une décision
  • être informé des décisions prises
  • entendre devant toute l’équipe la valorisation d’une action menée
  • constater que son référent ou son manager prend le temps de discuter, d’écouter, d’encourager et de communiquer de manière constructive alors que son emploi du temps est chargé
  • recevoir un message d’encouragement au début, ou au milieu, d’une mission
  • réceptionner un mail de remerciement à la fin de la mission
  • savoir comment l’activité et les finances de l’entreprise évoluent.

Remercier régulièrement les collaborateurs participe à augmenter leur productivité et à entretenir leur motivation. D’ailleurs, il n’est pas interdit de ritualiser à travers la réunion hebdomadaire ! Cette action somme toute gratuite, pour l’entreprise peut même avoir des bienfaits sur la santé : amélioration du bien-être physique et mental, chute du stress, réduction des émotions toxiques, baisse de la pression sanguine et renfort des systèmes immunitaires. Pour la fonction RH, favoriser de tels impacts donne à l’entreprise une robustesse face aux épreuves et aux défis à relever. Il y a une plus forte résilience du personnel, qui développe alors des comportements coopératifs et altruistes.

Apporter de la sérénité aux collaborateurs

Si la reconnaissance demande peu d’efforts et peu de temps au manager, ce dernier doit être authentique dans sa démarche. Bien sûr, celle-ci doit être en phase avec les valeurs et les principes moraux défendus et appliqués par l’entreprise. Une dissonance, un intérêt caché… et le collaborateur peut prendre ses distances. Comme le souligne René David Hadjadj, la reconnaissance est un luxe indispensable non obligatoire qui évite de se retrouver dans des impasses. Elle vaut de l’or lorsqu’il s’agit d’une rétribution morale. Elle apporte une forme de sérénité qui donne de la profondeur dans les tâches demandées pour mener à bien la mission, aussi courte ou répétitive soit-elle.

Adopter la reconnaissance dans les pratiques managériales, c’est offrir un luxe à peu de frais. D’autant plus que l’on sait que développer la gratitude envers les équipes, et plus les collaborateurs présents sur une courte durée, a aussi ses bénéfices. Le retour sur investissement s’avère sans commune mesure pour l’entreprise.