Une organisation préoccupée par sa compétitivité peut-elle, en même temps, avoir le souci de sa responsabilité sociale ? Souvent perçue comme une contrainte supplémentaire par les dirigeants, éventuellement comme un bon sujet de communication, la Responsabilité Sociale de l’Entreprise ou RSE peut-elle être un moteur de performance économique pour l’entreprise ?

 

I. Responsabilité Sociale de l’Entreprise : définition

II. Les dimensions RH et sociales de la RSE, moteurs de performance économique

III. Une complémentarité des pratiques RSE dans les entreprises performantes

Responsabilité Sociale de l’Entreprise : définition

Concept né dans les années 1960, la Responsabilité Sociale de l’Entreprise ou RSE regroupe l’ensemble des pratiques mises en place par les entreprises afin de respecter les principes du développement durable. Elle repose sur les 3 piliers fondamentaux du développement durable : social, environnemental et économique.

La RSE est incontestablement un levier fort en termes de communication. Une politique ambitieuse et bien pensée de RSE aura nécessairement un impact positif sur l’image de marque de l’entreprise, que ce soit à travers sa marque corporate ou sa marque employeur.

S’engager pleinement dans une démarche RSE suscite néanmoins la réticence de beaucoup d’entreprises, qui jugent illusoire une influence positive de la RSE sur leur performance économique. Pourtant, le lien existe bel et bien, ainsi que plusieurs études commencent à le prouver.

Parue en 2016 sous l’intitulé Responsabilité sociale des entreprises et compétitivité, une étude de France Stratégie portant sur 8 500 entreprises livre ainsi un certain nombre d’enseignements sur les effets, directs ou indirects, de la RSE sur la performance économique.

Les dimensions RH et sociales de la RSE, moteurs de performance économique

L’une des difficultés pour mettre en évidence le lien entre RSE et performance économique est qu’il existe plusieurs critères de référence pour mesurer la seconde : profit par tête, excédent brut d’exploitation ou valeur ajoutée par tête. De son côté, la RSE comprend, rappelons-le, plusieurs dimensions : sociale, environnement et éthique, ressources humaines, relation client/fournisseur.

Cependant, quels que soient les critères de performance retenus, l’étude précitée relève un écart de performance économique moyen d’environ 13 % entre les entreprises ayant mis en place des pratiques RSE et celles ne l’ayant pas fait. Ces écarts de performance varient en fonction de la dimension RSE observée :

  • 5 % pour la dimension « relation client/fournisseur »
  • 8 % pour la dimension « certification environnementale »
  • 9 % pour la dimension « ressources humaines »
  • 20 % pour la dimension « sociale ».

Le gain économique de la dimension « ressources humaines » s’explique par la meilleure valorisation du capital humain et organisationnel de l’entreprise que génèrent les pratiques RSE : mettre en place des dispositifs managériaux collaboratifs ou des innovations organisationnelles (par exemple, un système de détachement intragroupe) améliore le climat social, mais aussi l’efficacité et l’engagement des collaborateurs. Ces éléments ont un impact net sur la performance économique de l’entreprise.

Quant au gain lié à la dimension sociale, il suggère que la RSE représente un bon moyen de concilier management responsable et performance économique.

Une complémentarité des pratiques RSE dans les entreprises performantes

L’étude de France Stratégie révèle que les entreprises associant pratiques de gestion des ressources humaines RSE et outils de gestion technologique et organisationnelle (certification sur la qualité, actions de formation, outils de travail collaboratifs, etc.) ont une performance économique supérieure d’environ 20 % à celle des autres entreprises !

Autre enseignement important : la réglementation, en contraignant les entreprises à mettre en place des mesures et pratiques RSE, n’a pas à elle seule d’incidence significative sur leur performance. En revanche, c’est lorsque les contraintes réglementaires sont combinées avec des pratiques RSE volontaires qu’on observe un lien positif avec la performance sur l’ensemble des entreprises étudiées.

Fort de ces constats, ne peut-on envisager d’aborder la question de la RSE sous un autre prisme ? Celle-ci peut en effet être considérée comme une ressource immatérielle et spécifique du capital organisationnel de l’entreprise. Les gains en efficience qu’elle peut générer se répercutent positivement sur la compétitivité. En outre, une démarche d’amélioration continue dans les domaines de la sécurité, des compétences ou des conditions de travail permet aussi aux organisations de prévenir les risques industriels, sanitaires ou psychosociaux, et d’éviter ainsi les coûts associés.

Promulguée en juin 2019, la loi PACTE (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises ; n° 2019-486) propose entre autres plus de 70 mesures pour placer la RSE au coeur des entreprises françaises ! L’enjeu reste d’adopter une approche organisationnelle qui intègre au mieux les différents acteurs et éléments qui participent à la création de valeur dans l’entreprise, et de se munir d’outils d’évaluation permettant de les estimer et de les valoriser. À ce titre, l’indice IBET© et plus encore le SROI, peuvent constituer de bons indicateurs pour éclairer les impacts d’une politique RSE sur la performance économique d’une organisation.

 

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