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Les soft skills à maîtriser pour évoluer et réussir en entreprise

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En 2018, le Forum Économique mondial érigeait la liste des 10 compétences essentielles à acquérir pour réussir dans l’entreprise. Et il ne s’agissait pas de maîtriser les tableaux croisés dynamiques du bout des doigts, mais bien de déployer des soft skills, ces compétences humaines qui n’ont rien à voir avec les compétences techniques. Quelles sont ces qualités à développer dans le monde du travail d’aujourd’hui ? La réponse avec deux experts du sujet.

Qu’est-ce que les soft skills ?

Parce que leur traduction littérale n’est pas franchement inspirante - “compétences douces”, vous nous accorderez que ce n’est pas très parlant - les soft skills sont souvent définies en creux. C’est-à-dire par ce qu’elles ne sont pas : en l'occurrence, des hard skills, ou compétences techniques propres à chaque métier (comptabilité, programmation, tourneur-fraiseur, soudeur…). Par nature, les soft skills sont donc plus difficiles à mesurer, puisqu’elles relèvent de l’intangible. Lorsque l’on parle de soft skills, on évoque la capacité à travailler en équipe, l’empathie, la motivation, la faculté à gérer le stress, l’esprit critique ou encore le sens de l’initiative. La plupart des experts du genre préfèrent donc parler de “compétences humaines”, à l’instar de Christophe Deval, psychologue clinicien et auteur du livre “Soft skills, 10 séances d’autocoaching pour cultiver ses talents” (Vuibert).

La question est de savoir comment on devient de meilleurs humains, y compris au travail."  

Dans un monde qui s’accélère, ces soft skills sont de la plus haute importance quand on sait que la durée de vie d’une compétence technique est passée de 30 ans en 1987 à 2 ans aujourd’hui, et même à quelques mois en ce qui concerne le champ des développeurs. “Les soft skills sont nourries par une curiosité permanente qui permet de cultiver une aptitude au changement”, lance de son côté Benoît Chalifoux, conférencier et auteur de “Soft skills, l’incroyable pouvoir des habiletés relationnelles” (Eyrolles).  

Pourquoi les soft skills sont si importantes dans une carrière ?

Les soft skills interviennent comme des compétences transverses qui nous servent à toutes les étapes de notre vie, à la fois personnelles et professionnelles. Pour Christophe Deval, notre réussite au travail est intimement liée à la qualité de nos relations, nos comportements, et notre manière d’agir. Cela a notamment été prouvé par le psychologue Daniel Goleman qui a démontré dès les années 90 que les leaders les plus performants étaient ceux qui avaient le plus haut degré d’intelligence émotionnelle.  “Cette capacité à mener ses troupes vers une mission commune, dans une atmosphère plus agréable est devenue centrale. On entend d’ailleurs souvent que l’on embauche pour des compétences techniques mais qu’on licencie pour défaut de compétences humaines”, souligne Benoît Chalifoux.  

D’ailleurs, de plus en plus d’entreprises tentent de jauger les capacités émotionnelles des travailleurs dès la phase de recrutement, via des tests psychométriques par exemple, ou encore des entretiens informels autour des valeurs du candidat. En effet, même si les soft skills peuvent être développées, nous avons tous plus ou moins d’habiletés relationnelles au départ. “On peut sensibiliser les gens aux soft skills, mais il faut vraiment qu’ils en aient envie et soient prêts à prendre le temps de progresser. Quoi qu’on en dise, nous avons tous un quotient émotionnel plus ou moins élevé au démarrage, avec certes une marge de progression, mais qui n’est pas infinie”, affirme Christophe Deval.  

Les 6 soft skills à développer et comment les faire grandir

Pour nos deux experts, les soft skills que nous allons citer sont valables dans tous les secteurs, et tous les métiers. Elles constituent un socle permettant à chacun de s’adapter dans toutes les situations. En étant souples dans notre manière de penser et d’agir, nous pouvons naviguer sur toutes les mers, même les plus agitées.

Les trois soft skills à développer selon Christophe Deval

  1. La flexibilité comportementale

Dans le monde professionnel, vous avez peut-être la réputation d’une personne autoritaire, ou au contraire très à l’écoute. Comme la plupart des gens, vous avez donc certainement une attitude “mono”. Or, la clef selon Christophe Deval, c’est d’être capable d’adapter le bon registre à un instant T pour adapter sa posture aux circonstances.  

Comment développer la flexibilité comportementale ? Essayez de sortir de votre mode de fonctionnement par défaut, gouverné par vos émotions, pensées et habitudes. Gardez bien en tête la multiplicité des postures que vous pouvez adopter. “Revenez à vos intentions, vos valeurs et confrontez-les au contexte. De cette manière, vous ferez peut-être preuve de plus de fermeté à un moment donné, ou encore de davantage de souplesse quand cela sera adéquat”, conseille Christophe Deval.  Par exemple, vous agirez avec fermeté face à des retards répétés sans motif valable, et ferez preuve de souplesse en aménageant l’emploi du temps d’un jeune parent.

  1. La gestion émotionnelle

Pour notre expert, le problème des émotions, c’est qu’elles finissent toujours par déborder. Il est donc important d’apprendre à les exprimer de façon adaptée afin que celles-ci ne nuisent pas à la relation, sans pour autant les réprimer. “C’est cela qui permet de les réguler au fil de l’eau plutôt qu’elles explosent à un moment donné”, recommande le psychologue. Il ajoute que dans l’entreprise, trois émotions sont dominantes : la peur, la colère et/ou la frustration. Pourquoi ? Car le monde du travail est empli de contraintes (horaires, lieu, collègues, tâches). Et malheureusement, sous l’effet du stress, c’est souvent la colère qui est l’émotion la plus manifeste. Sans oublier que les émotions négatives se propagent plus facilement, qui plus est lorsqu’elles émanent des managers. Ces derniers doivent donc être d’autant plus attentifs à leur gestion émotionnelle. Par exemple, même si vous éprouvez un désaccord avec votre N+1, vous devrez essayer au maximum de garder la face devant vos équipes pour ne pas les transformer en témoins.

Comment améliorer sa gestion émotionnelle ? La durée de vie d’une émotion est de 90 secondes. Le problème, c’est que nous avons tendance à ruminer, ce qui prolonge la durée de cette émotion”, affirme Christophe Deval. Avec les trois conseils suivants, vous allez apprendre à laisser les émotions vous traverser, sans les juger, et permettre à la vague de redescendre plus rapidement. Tout d’abord, essayez de comprendre pourquoi vous vous sentez touché. Quelle est la valeur qui compte pour vous, et qui a été atteinte ?  La seconde étape, c’est de nommer cette émotion. Cela active une zone dans le cerveau liée à la réflexion, par opposition au cerveau émotionnel. Quant à la troisième étape : il s’agit de vous focaliser sur les sensations de votre corps et de vous concentrer sur la respiration pour apaiser les battements de votre cœur, et a fortiori votre esprit.  

  1. La flexibilité mentale

Antonyme de la pensée rigide qui n’évolue pas ou peu avec le contexte et l’apprentissage, la flexibilité mentale nous permet de progresser. “Des études démontrent ainsi que moins l’on en sait, plus on est sûr de soi. Et inversement : les experts sont ceux qui ont le plus de doutes”, lance le psychologue. La flexibilité mentale, c’est donc cette faculté à garder un point d’interrogation dans la tête. Cela ne veut pas dire qu’il faut sombrer dans le relativisme et se dire que tout se vaut, mais simplement accepter que ce qui nous semble vrai et raisonnable aujourd’hui, ne le sera pas nécessairement demain. Par exemple, cela signifie qu’un recruteur doit être capable de partir à la vraie rencontre d’un candidat, l’écouter, sans placarder sur lui une liste interminable d’attentes, qui reviendrait à chercher le mouton à cinq pattes…

Comment travailler la flexibilité mentale ? En abordant les choses sans être en quête de vérité absolue, mais plutôt en se demandant si cette pensée nous aide ou non à avancer. L’idée est d’essayer d'enrichir nos représentations en ne pensant pas de manière binaire. “Car il faut se souvenir que toutes nos pensées sont une simplification de la réalité et qu’il existe toujours une autre version de l’histoire”, recommande Christophe Deval.

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Les trois soft skills à développer selon Benoît Chalifoux

  1. L’autodiscipline

Pour Benoît Chalifoux, l’autodiscipline, c’est avant tout un geste d’amour envers soi-même. C’est aussi le fondement de la liberté. En outre, l’autodiscipline, c’est la capacité à accorder vos actes avec vos objectifs, ce qui est essentiel à vos yeux. C’est être prêt à sacrifier certaines choses plaisantes du présent, pour assurer un objectif à plus long terme. “Souvent, les gens ne le comprennent pas, mais être autodiscipliné ouvre la voie à la vraie rencontre : la personne que vous êtes vraiment”, affirme-t-il. Quel rapport avec le fait de développer de bonnes relations avec les autres au travail ? Tout simplement parce qu’avant d’être en relation avec les autres, vous êtes en relation avec vous-même. Une fois encore, gardez en tête qu’en tant que manager, vous devez forcément cultiver votre exemplarité.

Comment s’astreindre à l’autodiscipline ? Notre expert convoque ici la théorie des gains marginaux qui explique que des petits efforts consentis chaque jour permettent à la fin de décrocher des gains exponentiels. À l’inverse, vouloir changer les choses de manière radicale conduit souvent à l’échec. Autrement dit, si vous voulez revoir votre nomenclature de fond en comble, commencez par vous y atteler une heure par jour. Benoît Chalifoux renchérit :

Si vous connectez une tâche à une émotion positive, vous aurez d’autant plus de chances de la répéter dans le temps.
  1. L’automotivation

L’automotivation est le corollaire de l’autodiscipline. L’un ne va pas sans l’autre. Et bien entendu, c’est très utile pour gagner en efficacité au travail ! Dans le monde de l’entreprise, l’automotivation peut être de deux types. Intrinsèque, quand elle est associée à la question du sens, l’envie d’apprendre ou de transmettre. Extrinsèque, quand il s’agit juste d’obtenir un salaire à la fin du mois. “C’est ce qui fait que certains sortent le champagne le vendredi et dépriment le dimanche soir”, illustre l’expert. Dans le monde du travail, l’automotivation dans sa version la plus noble, c’est donc le sens que chacun donne à son travail, par-delà l’exécution de simples tâches. Ce sens trouvé permet de passer du “je dois le faire” au “je veux le faire”. En quelque sorte, c’est l’étincelle pour passer à l’action !

Comment trouver de l’automotivation ? Pour Benoît Chalifoux, il existe trois ingrédients secrets à l’automotivation, qu’il surnomme les trois C pour choix, communauté et compétence. Le premier, c’est donc d’évoluer dans un écosystème où règne l’autonomie malgré un cadre paramétré (comme un enfant à qui l’on accorderait le choix entre un pantalon vert ou rose). Le second, c’est le sentiment d’appartenance à un groupe. “Il ne faut jamais oublier que les gens embarquent dans votre mission car ils ont compris que vous les aviez compris”, note l’expert. Enfin, le troisième besoin fondamental, c’est la compétence, le besoin de se nourrir des autres et de cultiver l’apprentissage au quotidien. À travers ces 3C, l’idée est donc de développer une motivation intrinsèque,  qui fait sens pour chacun.

  1. La compassion et l’empathie

Je dis toujours que les leaders devraient se connecter aux autres avec empathie, et diriger avec compassion”, affirme Benoît Chalifoux. Où est la subtilité ? L’empathie est quelque chose que nous ressentons. Il ne s’agit absolument pas de penser que l’on est capable de se mettre à la place de l’autre, car cela est impossible. Encore moins de donner des conseils. Être empathique, c’est avant tout être capable d’entendre le ressenti de l’autre. La compassion est une manière de traduire son empathie en gestes, de la mettre en action. Si par exemple, vous avez un jeune employé en difficulté, il s’agira de l’autoriser à faire des erreurs et lui donner les clefs pour qu’il trouve lui-même le bon chemin.

Comment développer son empathie ? Il se peut que dans le monde de l’entreprise, vous ne soyez pas toujours en accord avec une autre personne. Essayez donc de ne pas entrer dans le mode “l’un de nous deux a raison”,  mais plutôt de tenter de comprendre les arguments de l’autre. L’empathie, c’est aussi vous préoccuper des conséquences de votre travail sur un autre service : si par exemple, vous rendez votre travail en retard, quelles conséquences cela va avoir sur les autres ? De cette façon, vous travaillerez moins en silo. Une réflexion qui vaut aussi à l’échelle organisationnelle pour mieux comprendre par exemple de quoi ont vraiment besoin les clients finaux.

Les soft skills sont nécessaires aux managers, qui doivent trouver un équilibre entre opérationnel et stratégique auprès de leurs équipes. Andjaro vous propose un contenu spécifique pour les soutenir et faire de leur accompagnement quotidien une force :

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Pour terminer, n’oubliez pas l’importance de récolter des feedbacks auprès d’autrui ou de vos collaborateurs pour avancer dans vos soft skills. N’hésitez pas à demander à une personne ressource de vous aider à améliorer vos points faibles. Car on avance toujours plus vite avec un regard extérieur ! Alors, que vous soyez manager de terrain, avec des équipes soumises à des cadences intenses, ou responsable RH en quête de cohésion entre les équipes, ces compétences vous permettront de vous adapter dans toutes les situations, peu importe votre contexte de travail.

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